Ouvrir compte bancaire etranger

Nos conseils pour ouvrir et conserver un compte bancaire à l’étranger.

Vous êtes sur le point d’ouvrir un compte à l’étranger ? Voici nos recommandations pour une ouverture tout terrain et à l’abri des balles.

Dans la plupart des pays, y compris tous ceux de l’Europe des 28, toute ouverture de compte bancaire est régie par une règlementation internationale transposée en droit national et établissant pour les établissements financiers et bancaires une série d’obligations de vérification dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (LBC-FT). Il convient par conséquent d’apporter à l’agence bancaire les pièces justificatives concernant son identité, la régularité de sa situation fiscale, l’origine de ses revenus, son domicile, et enfin, de répondre aux usages locaux de certains pays comme le Portugal et ceux influencés historiquement par la culture bancaire britannique, comme par exemple l’Irlande ou Chypre.



Pour simplifier, les banques sont tenues à plusieurs types d’obligations : celle de connaître leurs clients (KYC : Know Your Customer) et celles inhérentes à la LBC-FT. La législation internationale concernant ce dernier point (normes/recommandations du GAFI) étant en évolution, nous ne pouvons que vous conseiller d’apporter le plus d’informations et d’éléments à votre future banque. Cela est valable autant pour l’ouverture du compte que pour assurer la pérennité de son fonctionnement ultérieur. Enfin les banques sont soumises à une obligation de vigilance en cas de fonctionnements anormaux des comptes bancaires de leurs clients.

Rappelons ensuite l’adage de bon sens : « qui peut le plus peut le moins ». C’est pourquoi nous vous recommandons de vous présenter avec un dossier le plus solide possible pour éviter des refus d’ouverture, mais aussi pour éviter de vous voir fermer votre compte postérieurement. De plus, dans un même pays, les exigences des banques peuvent varier de l’une à l’autre.

Comment constituer votre dossier ?

1/ Justifier son identité au moyen de papiers d’identité.

Cela semble une lapalissade. Si vous êtes ressortissant de l’UE et que vous voulez ouvrir votre compte bancaire en UE, votre carte d’identité sera suffisante. Mais nous devons cependant nuancer cette affirmation.



  • Les systèmes informatiques des banques à l’étranger ne sont pas toujours prévus pour saisir tels quels les numéros de cartes nationales d’identité (CNI) de la clientèle non-résidente. Ils peuvent en effet être plus longs que ceux des ressortissants nationaux et de ceux des passeports en général. Il peut donc arriver que les numéros des CNI étrangères soient tronqués pour pouvoir être saisis dans les systèmes informatiques, ce qui a pour effet de mal-identifier les titulaires des comptes, même si une copie numérique des CNI est archivée.
  • Nous conseillons de toujours ouvrir les comptes bancaires à l’étranger avec un passeport car le numéro qu’il porte est standard avec 9 caractères et non les 12 caractères comme dans le cas de la CNI en France. Le nombre de caractères des passeports est déterminé par l’Organisation de l’aviation civile internationale (ICAO).
  • Par ailleurs, même si la validité de certaines cartes d’identité a pu être prolongée en France de 5 ans, certains pays de l’UE n’acceptent pas de cartes périmées comme document de voyage et encore moins les banques étrangères pour ouvrir un compte. D’où la nécessité de disposer d’un passeport, au vu des conditions pour obtenir de nouvelles CNI.
  • Enfin, il peut arriver que soient demandés CNI + passeport dans certains cas.
  • Ouvrir compte avec passeport

    Si vous êtes français et souhaitez aller plus loin, consultez le site de France Diplomatie à ce sujet.

    2/ Justifier sa régularité fiscale.

    Pour cela, il suffit d’être en possession de son dernier avis d’imposition. Si vous n’avez pas déclaré vos revenus dans votre pays de résidence, vous pourriez être coincé, selon les exigences des banques locales. Si vous êtes ou avez été travailleur expatrié dans un pays comme l’Arabie Saoudite où l’impôt sur le revenu n’existe pas (encore), ou le Maroc, où la retenue se pratique à la source sans récapitulatif annuel, cela peut être également problématique.

    Si vous êtes dans le type de situation précédente, il est de bon sens de procéder à une déclaration fiscale nulle dans son pays d’origine. Certaines banques (par exemple portugaises) pourront accepter votre dossier sans avis d’imposition, mais est-ce que votre compte bancaire sera pérenne par la suite?

    Enfin, il convient de transmettre à son banquier les avis d’imposition suivants annuellement.

    Avis d'imposition

    3/ L’origine de ses revenus.

    Discernons plusieurs cas : les salariés, les retraités et les chefs d’entreprises/ travailleurs indépendants.

    • Vous êtes salarié : fournissez votre contrat de travail ainsi qu’un ou plusieurs bulletins de salaire récents.
    • Vous êtes retraité : récapitulatif annuel de l’assurance retraite et un avis de paiement mensuel récent.
    • Vous êtes chef d’entreprise salarié : Kbis pour la France ou documents constitutifs de votre société et bulletin de salaire.
    • Vous êtes gérant non salarié et vous rémunérez avec les dividendes de votre activité : Kbis pour la France ou documents constitutifs de votre société, et il peut être prudent de fournir aussi un justificatif du dernier virement exécuté de votre compte professionnel à votre compte personnel. Et quelques factures adressées à vos clients.
    • En cas de changement de situation professionnelle, transmettez à votre banquier tous les justificatifs y afférant.

      4/ Justifier son domicile.

      Dans certains pays, les banques accepteront votre avis d’imposition comme justificatif de domicile, comme c’est le cas en Espagne.

      Dans d’autres, une simple facture domestique sera suffisante. Notons que les factures de téléphone mobiles peuvent parfois poser problème et que sont donc à privilégier les factures de téléphone fixe ou d’électricité.

      Dans certains pays de culture britannique, deux justificatifs de domicile sont demandés comme en Irlande. Les factures peuvent être complétées par un relevé bancaire ou une correspondance officielle avec l’administration. Ces documents pourraient être à certifier par un « solicitor », c’est-à-dire un professionnel du droit tel que notaire ou avocat, en plus de devoir faire traduire lesdits documents.

      5/ Les spécificités locales.

      Pour ouvrir un compte non résident, il peut aussi être demandé des documents additionnels. A Chypre, une lettre de recommandation de votre banque actuelle est demandée. Cela peut parfois poser problème notamment si la relation avec banquier est difficile. Se munir de ses relevés bancaires sur les 3 derniers mois a du sens. Au Portugal, il faudra fournir un Numéro d’Identification Fiscale délivrée par l’administration. Consultez notre article pour savoir comment ouvrir votre compte bancaire au Portugal.

      Conclusion. Si vous souhaitez ouvrir un compte non résident à l’étranger par vos propres moyens, nous vous recommandons de bien préparer votre dossier avec l’ensemble des documents mentionnés auparavant afin de se préparer à toute éventualité. Sinon, consulter un courtier ou prestataire sur place qui saura vous guider.